01 novembre 2006
Compte rendu de la conférence de monsieur l'Ambassadeur Ferry de Kerckhove
Directeur général des institutions multilatérales au ministère des Affaires étrangères du Canada.
Sous le titre "Multilatéralisme en crise ou espoir de renouveau", l’ambassadeur de Kerckhove a tracé un bilan des réformes en cours à l’ONU, a exposé les principaux défis que doit relever l’organisation et s’est interrogé sur l’avenir du multilatéralisme.
Concernant la réforme de l’ONU, le conférencier a rappelé que le plan présenté par l’ex-secrétaire général, Koffi Annan, avait placé la barre très haute et correspondait à une vision globale du monde, vision qui s’est heurté très rapidement aux réalités de la vie politique internationale, particulièrement aux crises du Liban et de l’Iran qui ont monopolisé l’attention durant les derniers mois de son mandat. Cet ambitieux projet de réforme, né d’une volonté de modernisation de l’ensemble du système des Nations Unies, s’est malheureusement concentré trop rapidement sur le seul Conseil de sécurité où les opinions étaient trop divergentes pour aboutir à un consensus.
2005 marquait également le cinquième anniversaire du lancement du Millenium pour le développement. Le Sommet organisé à cette occasion s’est heurté aux mêmes difficultés que la réforme : différences d’opinion de plus en plus marquées entre le Nord et le Sud et insatisfaction croissante d’une bonne partie de la communauté internationale à l’endroit du rôle joué par les États-Unis.
Ce retour en force de la réalité politique (bourbier irakien, nucléarisation de la Corée du Nord, dossier iranien) posent la question de savoir si les mécanismes onusiens sont prêts à faire face aux défis de demain comme les changements climatiques et la disponibilité de l’eau. Notant que les Nations Unies peuvent faire preuve de leadership dans certaines situations (les élections en Rép. démocratique du Congo), le conférencier a souligné que sur plusieurs points la réflexion est lancée, mais qu’il n’existe pas de cadre institutionnel où puissent se prendre les décisions, de tel sorte que l’on assiste à un manque de leadership politique sur ces questions.
Sur le plan positif, on doit noter que les conflits font pour l’instant moins de victimes qu’il y a vingt ans.
Deux points d’interrogation demeurent à l’horizon. Le premier est de savoir combien de temps durera l’hégémonie de la seule super-puissance mondiale actuelle face à l’émergence de ce que l’on appelle maintenant le BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Le deuxième est celui des flots migratoires; il existe présentement plus de personnes déplacées ou en déplacement à travers le monde qu’il n’y a de réfugiés.
Pour l’instant, force est donc de constater que le multilatéralisme répond encore trop souvent aux intérêts nationaux de certains États. Toutefois, on sent l’effort de réflexion d’un monde à la recherche de son âme. S’il n’est guère facile de prédire ce qui naîtra de cet effort, il est évident que les diverses organisations internationales, tant gouvernementales que non gouvernementales, à la fois par leur nombre et par la multiplicité des secteurs où elles sont actives, ont un impact croissant sur la vie internationale.
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