 | February 19, 2008
Summary of the Mr. Michel Duval lecture
"The UN and Democraty in Lebanon"
The following is a summary in French of the lecture prepared by the vice-président, Gilles Gingras. To read the complete text of M. Duval, please click here. Fadi Harouny, of the Arabic section of Radio-Canada International, and Adrien Lachance, of the French section, have both interviewd M. Duval for their listeners.
Le 13 février dernier, en présence du consul général du Liban, et du consul à Montréal, du révérend père Talal Hachem de l'Ordre libanais des Maronites, supérieur du Monastère Saint-Antoine de Montréal, et de nombreux invités, Monsieur Michel Duval, ancien ambassadeur du Canada au Liban, a brossé un tableau d'ensemble de la situation actuelle du Liban. Dans son exposé intitulé : « Les Nations Unies et l'improbable démocratie libanaise », il a d'abord rappelé les accords de Taëf de 1989, signés en Arabie Saoudite avec le soutien diplomatique des États-unis, qui furent entérinés par le Parlement libanais.
Depuis, plusieurs incidents ont menacé une situation toujours fragile. C'est cependant l'assassinat de l'ancien premier ministre, Rafic Hariri (qui avait été le moteur de la reconstruction du Liban), le 13 février 2005, qui a remis le Liban à l'ordre du jour du Conseil de Sécurité. Par la suite, la résolution 1559 du Conseil de sécurité prévoyait le départ des Syriens, le désarmement de toutes les milices et une enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri. Toutefois, la résolution 1559 ne prévoyait aucune sanction contre les contrevenants révélant ainsi l'absence de volonté politique de toute la communauté internationale pour assurer l'application de cette résolution.
Il faut aussi mentionner deux aspects importants dans ce dossier : l'impuissance de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (FINUL) à remplir son mandat et le problème des réfugiés palestiniens au Liban. L'intégration des réfugiés palestiniens n'a jamais été possible en raison du système communautaire du Liban, tel que décrit ci-dessous. Ils y sont environ 500 000, soit 12% de la population. Leur ajout viendrait ébranler l'équilibre communautaire. Même la Ligue arabe, dont les membres sont divisés sur la question libanaise, n'a pas pu jouer un rôle de médiation dans ce dossier.
Rappelons que la FINUL visait trois fins : confirmer le retrait des forces israéliennes, rétablir la paix et la sécurité internationale et aider le Gouvernement libanais à restaurer son autorité effective au Liban Sud. Pendant 22 ans, les circonstances n'ont pas permis d'atteindre ces objectifs. M. Duval cite Georges Corm, auteur de l'ouvrage Le Liban contemporain qui mentionne ceci : «… le Liban est un État dont la souveraineté est limitée par ses communautés constitutives et leurs protecteurs extérieurs ». Corm y décrit un État mou, un État tampon qui est le jouet des acteurs régionaux. En conséquence, cette situation qui prévaut depuis les origines des conflits est l'obstacle majeur à toute cohérence politique.
Le conflit désastreux de l'été 2006 semble donner raison à Corm si on en juge par l'action du Conseil de sécurité. En effet, une autre résolution du Conseil a permis de renforcer la FINUL, la portant à 15 000 hommes armés, afin de contrôler efficacement le cessez le feu. Elle demandait aussi l'exclusion de toute force étrangère au Liban, ainsi que l'interdiction de toute vente ou fourniture d'armes et de matériel connexe.
Le résultat de ce dernier conflit a eu pour effet de placer le Hezbollah, et son allié et protecteur l'Iran, en position de force au Liban. Rappelons que le Canada et les États-Unis ont mis le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. M. Duval a souligné que les factions libanaises, incluant le Hezbollah, ont l'habitude d'inviter les puissances étrangères à appuyer un groupe, leur groupe, contre tous les autres. C'est une forme d'autodestruction car ces puissances étrangères y viennent d'abord pour défendre leurs propres intérêts.
Le processus électoral, prévu dans la constitution, maintient le communautarisme au Liban. La loi électorale prévoit une répartition des 128 sièges au Parlement selon les quotas confessionnels : 64 sont réservés aux chrétiens (34 maronites, 14 grecs orthodoxes, 8 grecs catholiques, 5 arméniens orthodoxes, 1 arménien catholique, 1 anglican et un divers. L'autre moitié va aux musulmans (27 sunnites, 27 chiites, 8 druzes, 2 alaouites). Chaque circonscription élit un certain nombre de députés en fonction de la structure confessionnelle de la population locale. Comme il n'y a pas eu de recensement du Liban depuis 1932, cette structure communautaire est forcément boiteuse.
Le conférencier a conclu que les Libanais doivent eux-mêmes trouver une solution, sans avoir recours à toute grande puissance que ce soit les États-unis ou la France. Les Nations Unies peuvent les aider, mais, comme le disait Kofi Annan : « Les Nations Unies sont fortes lorsqu'elles agissent comme nations unies » ce qui ne semble pas être le cas jusqu'à maintenant. M. Duval a néanmoins souligné que la définition du mot « improbable », mentionné dans le titre de sa conférence comportant aussi la notion de « possibilité », ce qui laisse sous-entendre une lueur d'espoir pour l'avenir du Liban.
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